Le score de confiance se calcule sur 100 points répartis entre huit facteurs. Trois d'entre eux dépendent entièrement de vous et se corrigent en une après-midi. Voici lesquels, et dans quel ordre les traiter.
Un investisseur qui ouvre votre projet voit un nombre avant de lire une phrase. Autant savoir comment il se fabrique.
À retenir
- Le score agrège huit facteurs pour un maximum de 100 points.
- Le passage de
vérifiéàcertifiévaut à lui seul un écart de 7 points (8 contre 15).- Trois leviers ne dépendent d'aucune validation externe : la complétude, le pitch deck et l'activité.
Ce que le score mesure, et ce qu'il ne mesure pas
Le score de confiance note la qualité vérifiable du dossier, pas la qualité du projet. C'est une distinction qui gêne, et elle est volontaire.
Aucun algorithme ne peut dire si votre modèle économique tient. En revanche, il peut dire si votre numéro légal est renseigné, si votre pitch deck existe, si vous répondez aux messages. Ces éléments prédisent mal la réussite, mais ils prédisent très bien la sérénité d'un investisseur qui découvre le dossier.
Un projet excellent mal documenté sera mal noté. C'est une injustice apparente, et c'est aussi la seule information qu'un tiers puisse produire honnêtement à distance.
Les huit facteurs, dans le détail
| Facteur | Ce qu'il regarde | Sous votre contrôle |
|---|---|---|
| Complétude du dossier | Champs remplis, montants justifiés, objectifs chiffrés | Oui, immédiatement |
| Numéro légal | Identifiant d'entreprise ou d'association renseigné et valide | Oui, si l'entité existe |
| Niveau de certification | brouillon, vérifié ou certifié |
Partiellement |
| Profil du porteur | Champs du compte utilisateur remplis | Oui, immédiatement |
| Activité sur la plateforme | Connexions, mises à jour, réponses aux messages | Oui, en continu |
| Ancienneté du projet | Temps écoulé depuis la publication | Non |
| Soutiens | Nombre de membres ayant soutenu le projet | Indirectement |
| Pitch deck | Présence d'un document de présentation déposé | Oui, immédiatement |
Deux lignes de ce tableau méritent qu'on s'y arrête.
Le facteur le plus rentable : la certification
Le niveau de certification pèse jusqu'à 15 points. Un projet certifié en obtient 15, un projet vérifié en obtient 8, un brouillon n'en obtient aucun.
Autrement dit, rester en brouillon coûte 15 points sur 100. Aucun autre facteur ne se corrige avec un rendement pareil.
Le passage au niveau vérifié demande un numéro légal valide et des documents cohérents entre eux. La plupart des dossiers qui restent en brouillon n'ont pas échoué à cette vérification : ils ne l'ont jamais demandée.
Le facteur le plus négligé : le pitch deck
Beaucoup de porteurs considèrent le pitch deck comme un document pour plus tard, quand le rendez-vous sera pris. Le score le traite comme une pièce du dossier.
C'est cohérent avec ce que fait réellement un investisseur : il trie avant de rencontrer. Un dossier sans document de présentation l'oblige à reconstituer le projet à partir de champs de formulaire, et il ne le fera pas pour quinze dossiers.
Un deck de dix pages suffit. Le problème, l'offre, le marché, le modèle, l'équipe, le besoin de financement, ce que l'argent finance précisément.
L'ordre dans lequel traiter les trois leviers
Si vous disposez d'une après-midi, procédez ainsi.
D'abord la complétude. Reprenez chaque champ vide du dossier. Un montant recherché sans justification plafonne le score quelle que soit la qualité réelle du projet, parce qu'un montant non justifié n'est pas une information : c'est un souhait.
Ensuite le pitch deck. Dix pages, déposées, même imparfaites. Un document que vous améliorerez vaut mieux qu'un document que vous prévoyez d'écrire. Si la rédaction bloque, l'assistant IA de business plan produit une première structure exploitable.
Enfin la demande de certification. Numéro légal, statuts, cohérence entre les documents. C'est le seul levier qui dépend d'une validation extérieure, donc celui qu'il faut lancer en dernier mais sans attendre.
Le profil du porteur se remplit dans la foulée. Il est rapide et il compte.
Les facteurs sur lesquels vous ne pouvez rien, et pourquoi ils existent
L'ancienneté du projet ne se force pas. Elle est là parce qu'un dossier publié depuis huit mois et tenu à jour raconte autre chose qu'un dossier créé la semaine dernière.
Les soutiens ne s'achètent pas non plus. Ils montent quand des membres du club marquent leur intérêt, ce qui suppose que le dossier soit lisible. Autrement dit, ils dépendent des trois premiers leviers, avec un décalage dans le temps.
L'activité se situe entre les deux. Personne ne peut la simuler durablement, et elle distingue immédiatement un porteur présent d'un dossier déposé puis abandonné. Un porteur qui répond sous quarante-huit heures est mieux noté qu'un porteur qui répond en trois semaines, et surtout il est rappelé.
Ce qu'un bon score ne fait pas
Il ne lève pas de fonds. Il fait ouvrir le dossier.
C'est déjà l'essentiel du travail, parce que la majorité des projets ne sont pas refusés : ils ne sont jamais lus. Un score élevé achète une lecture attentive. Ce que vous en faites ensuite ne dépend plus d'aucun algorithme.
Combien de points viser, concrètement
Il n'existe pas de seuil officiel, et nous nous garderions bien d'en publier un : il deviendrait immédiatement une cible à optimiser plutôt qu'un indicateur à mériter.
En pratique, trois paliers se dégagent de ce que nous observons.
En dessous de 40, le dossier est incomplet au point qu'un investisseur ne peut pas se forger d'opinion. Il ne le refuse pas, il passe au suivant. C'est presque toujours un problème de champs vides, pas de projet.
Entre 40 et 70, le dossier est lisible. Il est ouvert, parfois lu en entier, et il génère des questions. C'est là que se joue la conversation, et c'est un palier atteignable en une journée de travail pour la plupart des projets.
Au-dessus de 70, il faut du temps qui ne se rattrape pas : de l'ancienneté, des soutiens, un historique d'activité. Un projet publié la semaine dernière ne peut pas y être, et ce n'est pas grave.
Autrement dit, l'objectif réaliste à court terme est de sortir de la première zone. Le reste vient tout seul si le dossier est tenu.
Une erreur fréquente : optimiser le score sans mettre le dossier à jour
Nous voyons régulièrement des porteurs remplir tous les champs en une soirée, obtenir un bon score, puis ne plus toucher au projet pendant six mois.
Le score tient un moment, puis le facteur d'activité redescend. Surtout, l'écart devient visible : un investisseur qui ouvre un dossier complet mais dont les chiffres datent d'un an en tire une conclusion sur le sérieux du porteur, pas sur la qualité du remplissage.
Une mise à jour trimestrielle suffit. Le montant recherché a-t-il bougé ? L'équipe a-t-elle changé ? Y a-t-il un contrat de plus à mentionner ? Trois questions, vingt minutes, et le dossier reste vrai.
Questions fréquentes
Comment est calculé le score de confiance sur M Invest ?
Le score agrège huit facteurs sur un maximum de 100 points : complétude du dossier, numéro légal, niveau de certification, profil du porteur, activité sur la plateforme, ancienneté du projet, soutiens reçus et présence d'un pitch deck.
Quel facteur fait monter le score le plus vite ?
Le niveau de certification, qui vaut jusqu'à 15 points. Un projet certifié obtient 15 points, un projet vérifié 8, un brouillon zéro. Rester en brouillon coûte donc 15 points sur 100, et aucun autre facteur ne se corrige avec ce rendement.
Le score de confiance juge-t-il la qualité du projet ?
Non. Il note la qualité vérifiable du dossier, pas la solidité du modèle économique. Un excellent projet mal documenté sera mal noté. C'est la seule information qu'un tiers puisse produire honnêtement à distance, sans rencontrer le porteur.
Un pitch deck est-il obligatoire pour publier un projet ?
Il n'est pas obligatoire pour publier, mais son absence pèse sur le score. Un investisseur trie avant de rencontrer, et sans document de présentation il devrait reconstituer le projet à partir des champs du formulaire. Dix pages suffisent.
Zakaria WAFDI
Partner M Invest, lead technique & Data Engineer
Partner de M Invest, lead technique et Data Engineer, Zakaria dirige le développement technique de M Invest.