En 2025, 241 associations ont déclaré 580 millions de dirhams de financements étrangers. Les ressources existent, mais elles vont aux associations capables de prouver qui elles sont et ce qu'elles font. Ce guide s'adresse aux deux côtés : celles qui cherchent, et ceux qui donnent.
Une association qui porte un projet au Maroc a rarement un problème d'utilité. Elle a un problème de preuve. Un bailleur, une fondation ou un membre de la diaspora prêt à donner veulent savoir la même chose : l'association existe-t-elle vraiment, et que fera-t-elle de l'argent ?
À retenir
- En 2025, 241 associations ont déclaré 846 financements étrangers, pour 580,6 millions de dirhams, contre 765 millions l'année précédente (données du Secrétariat général du gouvernement relayées par Le Matin, 2025).
- Le Maroc comptait 257 associations reconnues d'utilité publique en 2025, dont 7 reconnues dans l'année (même source).
- Le financement participatif par don est plafonné à 450 000 dirhams par projet (AMMC).
Quelles sources de financement pour une association marocaine ?
Une association combine en général plusieurs ressources, et c'est une bonne chose : aucune ne suffit seule, et dépendre d'un bailleur unique fragilise.
| Source | Ce qu'elle demande | Point d'attention |
|---|---|---|
| Cotisations et dons de particuliers | Confiance, transparence | Montants modestes mais réguliers |
| Programmes publics et partenariats | Dossier conforme, rapport d'activité | Calendrier des appels à projets |
| Bailleurs et fondations étrangers | Gouvernance, comptes, suivi | Déclaration au SGG |
| Appel à la générosité publique | Autorisation préalable | 8 autorisations accordées en 2025 |
| Financement participatif par don | Plateforme agréée | 450 000 dirhams au plus par projet |
Ces sources ne s'ouvrent pas dans le même ordre. Les dons de proches et de membres de la diaspora financent souvent les débuts. Les programmes et les bailleurs arrivent quand l'association peut montrer un premier bilan.
Comment constituer une association en règle ?
Tout commence par la déclaration. Le dahir n° 1-58-376 du 15 novembre 1958, modifié notamment par la loi 75-00, encadre le droit d'association au Maroc. La déclaration se dépose auprès de l'autorité administrative locale, qui remet immédiatement un récépissé provisoire ; le récépissé définitif est délivré dans un délai maximal de 60 jours.
Ce récépissé n'est pas une formalité. C'est, avec les statuts, la première pièce que demande tout partenaire sérieux. Gardez-en des copies numérisées lisibles : vous les fournirez des dizaines de fois.
Pourquoi viser la reconnaissance d'utilité publique ?
Elle reste rare. 257 associations en bénéficiaient en 2025, et seules 7 l'ont obtenue cette année-là, contre 6 en 2023 et 4 en 2024 (Le Matin, 2025). C'est un statut exigeant, qui suppose une gouvernance et des comptes solides dans la durée.
L'appel à la générosité publique suit la même logique de contrôle. Le Secrétariat général du gouvernement a accordé 8 autorisations en 2025, contre 18 en 2024 et 23 en 2023, année marquée par la mobilisation après le séisme d'Al Haouz (même source).
Pour la plupart des associations, l'enjeu n'est donc pas d'obtenir ce statut tout de suite. C'est de fonctionner dès maintenant comme si elles devaient un jour le demander : assemblées tenues, comptes approuvés, rapport d'activité publié. Ce sont exactement les éléments que regardent les bailleurs.
Une association peut-elle recevoir des fonds de l'étranger ?
Oui, et c'est courant. Les associations qui en reçoivent les déclarent au Secrétariat général du gouvernement : en 2025, 241 associations ont ainsi déclaré 846 financements étrangers, pour 580,6 millions de dirhams, environ 24 % de moins que l'année précédente (Le Matin, 2025).
Pour une association soutenue par des membres de la diaspora, la règle pratique est simple : l'argent venu de l'étranger doit être traçable. Un virement sur le compte de l'association, accompagné d'un reçu, vaut mieux qu'une somme remise de la main à la main pendant les vacances d'été. Renseignez-vous auprès du SGG sur les obligations de déclaration qui s'appliquent à votre cas.
Le financement participatif par don est-il une option ?
La loi 15-18 a créé un cadre pour le financement collaboratif, dont une forme par don. Les plafonds sont fixés à 450 000 dirhams par projet et à 250 000 dirhams par contributeur personne physique, et les plateformes de don doivent être agréées par Bank Al-Maghrib (AMMC).
Avant de lancer une campagne, vérifiez auprès de la plateforme que votre association peut y porter un projet, et que la plateforme est bien agréée. Exercer cette activité sans agrément expose l'opérateur à des sanctions pénales, et vos donateurs à un risque qu'ils n'ont pas choisi.
Comment un donateur de la diaspora vérifie-t-il une association ?
Donner à distance pose la même question qu'investir à distance : à qui a-t-on affaire ? Quatre vérifications couvrent l'essentiel.
Le récépissé et les statuts. Demandez-les. Une association en règle les fournit sans difficulté.
Le rapport d'activité. Qu'a-t-elle fait l'an dernier, avec quels moyens, pour combien de bénéficiaires ?
Le budget du projet. Combien coûte-t-il, poste par poste, et qui d'autre le finance ?
Le compte bénéficiaire. Le don doit arriver sur un compte au nom de l'association, jamais sur celui d'un dirigeant.
C'est précisément ce que le portail M Invest exige d'un projet associatif avant de le publier : les statuts et le récépissé sont obligatoires, le rapport d'activité et le budget sont recommandés et comptent dans la complétude du dossier. Les projets associatifs se consultent publiquement, sans compte, sur la page des projets associatifs.
Comment présenter un projet associatif qui convainc ?
Un bailleur finance un résultat, pas une intention. Le dossier d'un projet associatif sur le portail est construit autour de ce principe : objectif de financement, date limite, objectif d'emplois, bénéficiaires directs et indirects, impact environnemental, et jusqu'à trois des dix-sept Objectifs de développement durable des Nations unies.
Ces données ont une seconde vie. Le porteur peut en tirer un rapport d'impact au format PDF, qui additionne les bénéficiaires, les emplois visés, les objectifs de financement et les ODD de ses projets associatifs. C'est le document qu'on joint à une demande de subvention, ou qu'on envoie aux donateurs en fin d'année.
Côté visibilité, chaque document d'un projet associatif peut être rendu public ou réservé aux membres. Le rapport d'activité gagne à être public ; un budget détaillé peut rester réservé.
Publier son projet associatif
Si votre association porte un projet, le dépôt sur le portail vous donne un dossier structuré, un niveau de vérification visible et une page publique à partager avec vos donateurs. Une coopérative relève d'une autre logique, économique celle-là : notre portrait de la filière argan en montre les spécificités. Pour le contexte d'ensemble, voyez investir au Maroc depuis l'étranger.
Choisir mon offre porteur de projet : l'offre Gold permet de publier jusqu'à trois projets associatifs, mis en avant sur le portail.
Questions fréquentes
Une association marocaine peut-elle recevoir des dons de la diaspora ?
Oui. Les financements venus de l'étranger sont courants : en 2025, 241 associations en ont déclaré 846 au Secrétariat général du gouvernement, pour 580,6 millions de dirhams. Ils doivent arriver sur le compte de l'association, avec un reçu, dans le respect des obligations de déclaration.
Combien de temps pour obtenir le récépissé définitif ?
Le dahir de 1958 sur les associations, modifié par la loi 75-00, prévoit un récépissé provisoire remis immédiatement au dépôt de la déclaration auprès de l'autorité locale, puis un récépissé définitif délivré dans un délai maximal de 60 jours.
Une association peut-elle lancer une campagne de crowdfunding ?
Le financement participatif par don existe depuis la loi 15-18, avec un plafond de 450 000 dirhams par projet et des plateformes agréées par Bank Al-Maghrib. Avant de lancer la campagne, vérifiez auprès de la plateforme qu'une association peut y porter un projet.
Comment vérifier une association avant de donner ?
Demandez le récépissé de déclaration, les statuts, le dernier rapport d'activité et le budget du projet, et ne donnez que sur un compte au nom de l'association. Une association en règle fournit ces pièces sans difficulté ; une hésitation est déjà une réponse.
Benjamin Benichou-Dorgan
Partner M Invest, dirigeant d'un cabinet de conseil international
Partner de M Invest et dirigeant d'un cabinet de conseil international, Benjamin anime le réseau du club et les rencontres entre porteurs de projets et membres de la diaspora.