Un numéro de registre du commerce prouve qu'une société existe. Il ne prouve ni qu'elle va bien, ni que la personne en face la contrôle. Voici les vérifications à faire, depuis l'étranger, avant d'engager un dirham.
Quand on investit à distance, on ne visite pas l'atelier, on ne croise pas le voisin, on ne voit pas les camions partir le matin. On lit des documents. La question devient donc : lesquels, et comment savoir qu'ils disent vrai ?
À retenir
- Le service DirectInfo de l'OMPIC donne accès aux fiches légales, aux statuts, aux procès-verbaux et aux états de synthèse déposés par les sociétés marocaines (OMPIC).
- Le conseil en investissement est encadré par la loi 19-14 et suppose un enregistrement préalable auprès de l'AMMC, qui invite à vérifier systématiquement l'identité de ses interlocuteurs (Le Matin, 2025).
- Un registre à jour prouve l'existence d'une société, pas la solidité d'un projet. La vérification se fait par couches.
Comment vérifier qu'une entreprise existe légalement ?
La première couche est le registre du commerce. L'OMPIC, qui tient le registre central du commerce, propose avec DirectInfo une recherche par mot-clé dans ce registre et dans les bases des marques et des brevets (OMPIC).
Commencez par l'identité de base : dénomination exacte, numéro de registre du commerce, ICE, forme juridique, siège. Comparez-les mot pour mot avec ce que le porteur vous a communiqué.
Une dénomination légèrement différente, un siège qui ne correspond pas, une forme juridique qui change d'un document à l'autre : chacun de ces écarts mérite une question. La réponse doit être écrite.
Que trouver dans les statuts et les comptes ?
DirectInfo ne se limite pas à l'existence. Ses documents légaux comprennent des fiches simplifiées et détaillées, les statuts et les procès-verbaux. Ses documents financiers comprennent les fiches financières, les états de synthèse, les rapports des commissaires aux comptes et des ratios (OMPIC).
Les bases légales de l'OMPIC contiennent aussi un fichier des représentants de la société, un fichier des modifications déposées et un fichier des associés tiré du tableau de répartition du capital (OMPIC).
| Document | Ce qu'il faut y chercher |
|---|---|
| Statuts et procès-verbaux | Qui sont les associés, qui gère, qui peut engager la société |
| Fichier des modifications | Changements récents de gérant, de capital ou d'adresse |
| États de synthèse | Chiffre d'affaires, résultat, dettes, sur plusieurs exercices si possible |
Un changement de gérant trois mois avant une levée de fonds n'est pas forcément suspect. Il doit simplement être expliqué.
Qui contrôle réellement la société ?
L'associé qui figure dans les statuts n'est pas toujours celui qui décide. C'est la raison d'être du registre des bénéficiaires effectifs, que gère l'OMPIC et dont le formulaire de demande d'accès est publié en ligne (OMPIC).
En pratique, posez aussi la question directement. Qui détient le capital ? Existe-t-il des conventions entre associés, des prêts d'associés, des engagements qui n'apparaissent pas au bilan ? Un porteur sérieux répond par écrit et joint les pièces.
Quels signaux d'alerte doivent faire reculer ?
En décembre 2025, l'AMMC a décrit le déroulé type des arnaques au conseil en investissement : promesses exagérées, premiers dépôts modestes, gains affichés artificiellement, demandes répétées de réinvestir, puis retraits bloqués et disparition de la plateforme (Le Matin, 2025).
Cette alerte vise le trading et le conseil boursier, pas l'investissement direct dans une PME. Les signaux se transposent pourtant presque mot pour mot.
- Un rendement garanti. Aucun projet d'entreprise ne peut garantir un rendement.
- L'urgence. « Il ne reste que deux parts », « il faut signer avant vendredi ».
- Le refus de documents. Pas de statuts, pas de comptes, « on se fait confiance ».
- Un paiement vers un compte personnel. L'apport va au compte de la société, jamais à celui d'un dirigeant ou d'un proche.
- Un interlocuteur introuvable. Aucune trace au registre, aucun associé identifiable.
L'AMMC ne supervise pas toutes les offres d'investissement : un projet de PME ou une vente immobilière sort de son périmètre. La vérification vous revient, et c'est pour cela qu'elle doit être méthodique.
Quelles vérifications faire à distance ?
Au-delà des registres, quatre gestes réduisent nettement le risque.
Un appel vidéo avec tous les associés. Pas seulement avec la personne qui vous a contacté.
Une visite par un tiers de confiance. Un proche, un expert-comptable, quelqu'un de votre réseau sur place. Une heure sur le site vaut dix pages de dossier.
Un avocat ou un notaire pour les actes. Statuts modifiés, augmentation de capital, convention de compte courant : ces actes engagent et doivent être relus.
Un apport traçable. Virement depuis l'étranger, en devises, avec justificatifs. C'est aussi ce qui préserve votre droit de rapatrier, comme l'explique notre guide du compte en dirhams convertibles.
Ce que le portail vérifie, et ce qu'il ne vérifie pas
Un projet publié sur le portail M Invest a passé une première couche de contrôle. Son porteur a fourni un identifiant légal et une pièce justificative, plus l'ICE pour une société, et l'équipe M Invest a examiné le dossier avant de le publier au niveau « vérifié ». Le niveau « certifié » est attribué manuellement, au cas par cas. Le score de confiance, sur 100, mesure ensuite la qualité du dossier.
Pour aller plus loin, le data room donne accès, une fois votre demande de mise en relation acceptée et le NDA du projet signé, aux pièces que le porteur réserve aux signataires : états financiers, statuts, documents juridiques. Le score de compatibilité entre vos critères et un projet tient compte de son niveau de vérification, à côté du secteur, du ticket, du stade et de la région.
Ce que le portail ne fait pas compte autant. M Invest ne gère aucune transaction financière et n'est partie à aucun accord. Les participations que vous déclarez dans votre suivi d'investissements ne sont pas vérifiées par la plateforme : c'est le porteur qui les confirme ou les conteste. La vérification du portail est une aide, pas une garantie. Elle ne remplace ni les registres de l'OMPIC, ni votre avocat.
Se faire accompagner
Pour un regard extérieur sur un dossier avant de vous engager, un appel de conseil de 30 minutes se réserve sans adhésion, à 599 dirhams, annulable sans frais jusqu'à 24 heures avant.
Pour accéder aux dossiers complets, aux data rooms sous NDA et aux alertes sur les nouveaux projets qui correspondent à vos critères, découvrez l'offre investisseur. Si vous débutez, commencez par notre guide investir au Maroc depuis l'étranger. Et pour voir la même liste depuis l'autre côté de la table, lisez notre guide pour trouver des investisseurs.
Cet article informe. Il ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un expert-comptable avant un engagement.
Questions fréquentes
Un numéro de registre du commerce ou d'ICE suffit-il à prouver qu'un projet est fiable ?
Non. Il prouve que la société existe et qu'elle est identifiée par l'administration. Il ne dit rien de sa santé financière, de qui la contrôle réellement, ni de la sincérité de son dossier. Les statuts, les comptes déposés et un échange avec tous les associés complètent la vérification.
Peut-on consulter le registre du commerce marocain en ligne ?
Oui. Le service DirectInfo de l'OMPIC permet de rechercher une société dans le registre central du commerce et d'obtenir ses fiches légales, ses statuts, ses procès-verbaux et ses états de synthèse, ainsi que les rapports des commissaires aux comptes lorsqu'ils ont été déposés.
L'AMMC contrôle-t-elle toutes les offres d'investissement ?
Non. L'AMMC encadre notamment les marchés financiers et le conseil en investissement, qui suppose un enregistrement préalable selon la loi 19-14. Un investissement direct dans une PME ou un projet immobilier sort de son périmètre : la vérification revient alors à l'investisseur lui-même.
M Invest garantit-il les projets publiés sur le portail ?
Non. Le portail contrôle l'identifiant légal et les pièces du porteur avant publication, attribue un niveau de certification et calcule un score de confiance. M Invest ne gère aucune transaction et n'est partie à aucun accord : la décision et le risque restent ceux de l'investisseur.
Zakaria WAFDI
Partner M Invest, lead technique & Data Engineer
Partner de M Invest, lead technique et Data Engineer, Zakaria dirige le développement technique de M Invest.